Comment supprimer une personne d'une photo avec l'IA ?
Pour supprimer proprement une personne d'une photo, deux outils suffisent aujourd'hui : l'outil Supprimer de Lightroom pour les cas simples, le remplissage génératif de Photoshop pour les cas complexes. La vraie difficulté n'est plus technique — elle est de savoir repérer ce que l'IA va rater : les ombres, les reflets, les objets orphelins et les zones que la personne cachait. Et parfois, la bonne réponse est de ne pas supprimer du tout.
Touriste qui traverse votre paysage, passant qui s'invite dans un portrait : le besoin est universel. Voici la méthode, démontrée sur deux cas réels tirés de mes photos de voyage — un qui fonctionne, un qui se trahit.
Étape 1 : choisir le bon outil
Lightroom — outil Supprimer (avec IA) : pour un élément isolé sur un fond régulier — un promeneur sur une plage, un panneau dans un champ. Sélectionnez large, laissez l'IA reconstruire, jugez le résultat.
Photoshop — remplissage génératif : dès que le cas se complique — plusieurs personnes, arrière-plan architectural, zones qui se chevauchent. La sélection n'a pas besoin d'être précise au pixel, mais elle doit être généreuse : englobez la personne et tout ce qu'elle touche — son ombre comprise.
Cas n°1 : une ruelle de Volterra — la suppression Lightroom qui se trahit
Quatre touristes dans cette ruelle toscane. La sélection est faite, l'IA reconstruit, et au premier regard le résultat est propre : le pavage se raccorde, les murs sont crédibles.
Puis on zoome. Au premier plan, sur les pavés : une ombre est restée au sol — son propriétaire a disparu. C'est le grand classique de la suppression ratée : on sélectionne la personne, on oublie son ombre. Regardez aussi le pavage central, là où marchait le couple : la zone reconstruite est plus lisse, plus uniforme que les pavés authentiques autour — plausible de loin, molle de près.
Cas n°2 : le Forum romain — la suppression qui fonctionne
Ici, le cas est plus ambitieux : une dizaine de visiteurs répartis dans tout le cadre, devant le temple d'Antonin et Faustine, sur un fond de ruines aux géométries irrégulières — exactement le terrain où l'IA peut inventer plausiblement faux.
Sur la deuxième image, vous voyez le travail en cours dans Photoshop : chaque personne est masquée (en rose), et la sélection est généreuse mais chirurgicale — elle englobe les silhouettes et leurs zones de contact, tout en épargnant soigneusement le panneau d'information et son poteau. C'est le point clé : l'IA supprime ce que vous sélectionnez, pas ce que vous pensez sélectionner. Une sélection trop large emporte des éléments innocents ; trop étroite, elle laisse des fragments. Relisez toujours votre masquage avant de valider.
Une confession, parce qu'elle vaut une leçon : c'est ma deuxième version.
La première avait un défaut que je n'ai vu qu'après coup — le groupe assis sur la dalle de droite avait disparu, mais leurs sacs étaient restés au sol. Des affaires sans propriétaires au milieu d'un site désert : l'indice ne saute pas aux yeux, mais une fois repéré, on ne voit plus que lui.
L'IA va vite ; c'est la relecture qui prend du temps. Et c'est normal — c'est même là que se joue la différence entre une retouche propre et une retouche qui se trahit.
La check-list : ce que l'IA oublie
Ces deux exemples résument tout ce qu'il faut traquer — et c'est le miroir exact de mon article sur [la détection des images générées par IA](lien interne) : ce qui trahit les images des autres est ce que vous devez vérifier dans les vôtres.
L'ombre — incluez-la toujours dans la sélection. Les objets orphelins — sacs, vestes, affaires de la personne supprimée. Les reflets — vitrine, flaque, carrosserie : la personne peut y survivre. La zone cachée — l'IA invente ce que la personne masquait ; sur une façade, une enseigne, un alignement de pierres, vérifiez à 100 %. Les contacts — pieds au sol, main sur une rambarde : les transitions y sont fragiles.
Et la règle d'or du jugement : validez toujours zoomé à 100 %, jamais en vignette. Le test ultime — montrez la photo à quelqu'un sans rien dire. S'il fronce les sourcils quelque part, l'IA a laissé une trace.
La question que l'outil ne pose pas : en avez-vous le droit ?
La technique règle le comment — pas le si. Ma règle de photojournaliste tient en une distinction simple : réparer, oui ; réécrire, non.
Supprimer un touriste de votre photo de vacances, une poubelle de votre paysage : retouche légitime, aucun scrupule. Supprimer une personne d'une photo documentaire ou de presse : c'est modifier la réalité que l'image prétend témoigner — la ligne rouge absolue du photojournalisme. J'ai un jour recadré une photo de manifestation plutôt que d'y supprimer quoi que ce soit : le recadrage est un choix éditorial vieux comme la photographie ; la suppression aurait été un mensonge.
Sachez toujours dans quelle catégorie vous travaillez — et si l'image est destinée à documenter, laissez-la dire la vérité.
Pour aller plus loin
Dans ma formation, je traite ces cas en direct, du début à la fin : sélections difficiles, remplissage génératif avancé, extension d'image — et comment obtenir un résultat qui résiste au zoom.